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Faut-il arroser les plantes en hiver ?
Quand les températures chutent, on se demande vite comment garder des plantes en forme. L’hiver ralentit la croissance, change les besoins en eau et peut fragiliser le système racinaire si on arrose “comme d’habitude”. Un geste simple peut alors devenir une source d’erreurs, surtout quand on jongle entre plantes d’intérieur, balcon et jardin.
Pourtant, arroser les plantes en hiver n’est pas interdit. Il faut surtout ajuster la quantité d’eau et la manière d’arroser selon le type de plante et son emplacement. L’objectif est clair : garder des plantes en bonne santé tout l’hiver, sans excès, et sans dessèchement complet.
Au Jardin des Plantes, nous accompagnons les jardiniers même en saison froide, avec des gestes simples à refaire chez soi. Pour compléter l’arrosage quand le froid s’installe, découvrez aussi comment protéger les plantes du gel : protéger et arroser vont souvent ensemble, surtout pour les plantes en pots !
Sommaire
Pourquoi l’arrosage en hiver ne fonctionne pas comme le reste de l’année ?
En hiver, la plupart des plantes tournent au ralenti. Elles poussent moins, donc elles boivent moins. Les journées sont plus fraîches et l’eau s’évapore moins vite : le sol et la motte restent humides plus longtemps.
À l’intérieur, le chauffage rend l’air plus sec, mais la plante ne boit pas forcément plus. Elle reçoit moins de lumière, donc elle consomme moins d’eau. Résultat : on peut se tromper si on arrose comme en été.
Le piège classique, c’est de juger à la surface. Une surface sèche ne veut pas dire que le terreau est sec partout. L’humidité peut rester en profondeur plusieurs jours, surtout dans un grand pot ou une pièce fraîche. En hiver, il est donc préférable d’arroser après contrôle, plutôt que “par habitude”.
Enfin, l’hiver met en avant un risque majeur : l’excès d’eau. Une terre trop mouillée reste froide, et l’air circule moins autour des racines. Le système racinaire s’affaiblit, et la plante récupère plus lentement.
Comment arroser en hiver sans fragiliser vos plantes ?
La bonne méthode tient en trois gestes : vérifier le substrat, arroser doucement, puis laisser respirer la motte. En pratique, un bon arrosage des plantes en hiver se fait rarement “au grand arrosoir”. On cherche un arrosage léger, régulier, et adapté.
Le point important, c’est d’être cohérent avec les conditions. Une plante près d’une fenêtre froide, dans une pièce peu chauffée, a besoin de moins d’eau. Une plante dehors subit le vent, la pluie, parfois le gel : elle n’a pas le même rythme.
Si vous utilisez un système d’arrosage (réserve d’eau, goutteurs, programmateur), pensez à réduire en hiver. Le même réglage qu’en été devient vite trop généreux quand la plante est au ralenti. C’est encore plus vrai avec du goutte à goutte, qui peut humidifier en continu sans qu’on s’en rende compte.
Choisir le bon moment : pourquoi c’est préférable d’arroser en journée
Dehors, évitez autant que possible d’arroser les plantes quand il gèle. Une motte humide refroidit plus vite, et les racines souffrent davantage. Le moment le plus sûr est un redoux, et surtout arroser en journée, quand la température remonte un peu.
Cela laisse le temps à l’eau de pénétrer, et à l’excédent de s’écouler avant la nuit. Même un petit décalage (matin ou milieu de journée plutôt que le soir) change beaucoup.
À l’intérieur, le gel ne s’applique pas, mais le timing compte aussi. Une plante près d’un radiateur peut sécher un peu plus vite. Une plante dans une pièce fraîche reste humide plus longtemps. Dans tous les cas, votre repère reste la motte, pas un calendrier.
Vérifier avant d’arroser : comment contrôler la soif sans se tromper
Avant d’arroser vos plantes, prenez 10 secondes pour vérifier l’humidité du terreau. Enfoncez un doigt de 2 à 3 cm : si c’est frais et humide, n’arrosez pas. Si c’est sec à cette profondeur, vous pouvez faire un petit apport.
Pour les pots, un autre repère est très pratique : le poids. Un pot léger indique souvent que la motte a bien séché. C’est particulièrement utile pour les plantes vertes en intérieur, quand on hésite entre “j’arrose” et “j’attends”.
Pour les plantes dehors, regardez aussi au pied des plantes. La terre est-elle sèche un peu plus bas, ou seulement en surface ? En plantes en pleine terre, la surface peut être sèche alors que la zone des racines reste humide.
Utiliser la bonne eau : eau de pluie ou eau du robinet ?
En hiver, une eau à température ambiante est plus douce, surtout pour les plantes d’intérieur. Une eau trop froide peut créer un stress inutile, surtout quand la plante est déjà au ralenti.
Si vous avez de l’eau de pluie, c’est souvent une bonne option pour beaucoup de plantes. Sinon, l’eau du robinet convient dans la majorité des cas. Si votre eau est très calcaire et que vous avez des plantes sensibles, alterner avec de l’eau de pluie peut aider (sans que ce soit obligatoire).
La bonne quantité d’eau : arroser peu, puis laisser égoutter
En hiver, la règle est simple : mieux vaut une petite dose qu’un “grand bain”. Arrosez lentement, puis laisser égoutter. Ce point évite la plupart des problèmes.
Le danger n°1, c’est l’eau stagnante dans la soucoupe. En hiver, une eau qui stagne favorise l’asphyxie du système racinaire et augmente le risque de pourriture. Videz la soucoupe après l’arrosage, et assurez-vous que le pot draine bien.
Si vous avez tendance à arroser “pour être sûr”, changez de logique : petit apport, puis contrôle quelques jours plus tard. La fréquence d’arrosage en hiver baisse naturellement. C’est normal, et c’est plus sain.
Quel cas en hiver : intérieur, pots dehors, pleine terre, serre
Toutes les plantes ne vivent pas le même hiver. Une plante dans un salon chauffé, des plantes en pots sur un balcon venteux, et des plantes en pleine terre n’ont pas la même humidité ni la même réserve d’eau. L’important est d’adapter l’arrosage des plantes à la situation, sans se compliquer la vie.
Retenez une règle simple : plus les racines sont “limitées” (petit pot, substrat léger, vent), plus il faut surveiller. Plus la plante est installée en pleine terre, plus la nature gère pour vous.
Plantes d’intérieur : espacer, surtout pour les plantes vertes
Pour les plantes d’intérieur, l’hiver rime souvent avec arrosage plus espacé. Les plantes reçoivent moins de lumière, donc elles consomment moins. Le chauffage assèche l’air, mais il ne faut pas arroser “par réflexe”.
Vérifiez la motte, puis arrosez seulement si nécessaire. Si la plante est collée à un radiateur, reculez-la un peu. Ce simple geste stabilise l’humidité et limite les erreurs.
Et si vous voulez une plante décorative qui se contente de peu, vous pouvez également découvrir des plantes grasses d’intérieur pour vous inspirer.
Plantes en pots dehors : arrosage léger + protection des racines
Les plantes en pots sont les plus sensibles, car la motte se refroidit vite et le pot réagit au froid plus rapidement que la terre. En hiver, on arrose uniquement lors des périodes douces, et plutôt en journée. On garde la main légère pour éviter trop arroser en hiver.
Côté protection, l’objectif est de protéger les racines : pot sur cales, drainage propre, emplacement à l’abri du vent, paillage si possible. Si vous utilisez un voile, vous pouvez arroser dessous, mais seulement quand la terre le demande, et sans excès.
Plantes en pleine terre : souvent inutile, sauf si le sol est vraiment sec
En plantes en pleine terre, arroser en hiver est souvent inutile, car la pluie et l’humidité naturelle suffisent. On intervient surtout pour une plantation récente, une zone très exposée au vent, ou une période sèche peu fréquente.
Le bon réflexe : vérifier si la terre est sèche en profondeur, au niveau du pied des plantes. Si la terre est déjà humide, ne rajoutez pas d’eau. Un paillage aide beaucoup : il garde l’humidité et protège le sol du froid.
Serre, véranda, abri : surveiller, aérer, et arroser avec précision
Sous serre, véranda ou abri, la pluie ne fait plus le travail. Certaines mottes peuvent donc sécher sans qu’on le remarque. Ici, on contrôle régulièrement, on arrose un peu si c’est sec, puis on aère dès que possible.
Pour garder la main légère, un arrosoir adapté change vraiment tout : un bec fin permet de doser et d’éviter le “gros coup” qui détrempe la terre. Et si vous avez un système d’arrosage ou du goutte à goutte, diminuez le débit en hiver. L’objectif est de coller aux besoins en eau réels, plus faibles à cette saison.
Quelles erreurs éviter quand on arrose en hiver ?
La première erreur est d’arroser par habitude : même rythme, même quantité, alors que la plante ne vit plus au même tempo. La deuxième erreur est l’eau qui stagne dans le cache-pot : c’est l’une des causes les plus fréquentes d’excès d’eau en intérieur. La troisième erreur est d’arroser juste avant un coup de froid dehors, “pour aider”.
Autre erreur courante : “compenser” après un oubli, avec un gros arrosage. En hiver, cela met la motte en difficulté. Si vous avez trop arrosé, la correction est simple : laissez sécher, videz la soucoupe, augmentez l’aération, et évitez l’engrais pendant le repos. Vos plantes récupèrent mieux avec du calme qu’avec des actions en chaîne.
Quelles plantes demandent plus d’attention en hiver ?
Certaines plantes méritent un suivi un peu plus fin. Les aromatiques en pot n’aiment ni l’excès d’eau ni une motte complètement sèche. Un contrôle régulier et un arrosage léger pendant les périodes douces suffisent souvent. Si vous voulez prolonger les récoltes et éviter les erreurs, découvrez comment conserver vos plantes aromatiques.
Les plantes du sud (agrumes, olivier en pot) sont sensibles au duo froid + humidité : drainage, abri et arrosage léger sont vos meilleurs alliés. À l’inverse, les plantes grasses demandent peu : beaucoup de lumière, substrat drainant, et arrosages rares.